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Gustave et André, deux personnages rescapés de la Grande Guerre


Blessé de la Grande Guerre

Selon Le Journal du CNRS paru le 17 février 2016, « La France est le pays où l’impact humain de la Grande Guerre fut le plus important : plus de 70 % des soldats mobilisés furent tués ou blessés. Parmi eux, 15 000 Gueules cassées. »

300 000 personnes seront amputées.

Pour les survivants de ce cataclysme, le retour à la vie normale représente un véritable défi.


À Paleysin, Gustave vit avec une jambe en moins qu’il compense par une prothèse. Mais pour ce paysan, la tâche est rude. Il doit sans cesse se faire aider pour entretenir ses terres et nourrir sa famille.

Tandis que les visions traumatiques de la guerre hantent encore ses nuits, il est profondément blessé par cette perte de dignité le jour.

Comble de malchance, son fils Paul est retrouvé mort sur un talus peu avant 1939. Extrait : « La vie était bien ingrate de lui avoir donné une chance de réchapper des tranchées pour ensuite lui prendre son seul fils. La perte de Paul, c’était comme si on le privait de sa deuxième jambe. À quoi bon ce sursis, maintenant que rien ne lui permettait de se tenir debout ? »

Après la douleur et l’abattement, il n’aura de cesse de rechercher la cause de ce décès. Et puisqu’il vit déjà l’enfer sur terre, la traque de celui qu’il déclarera être l’assassin deviendra son obsession.

Gustave est l’un de mes personnages préférés de Paleysin.


À côté, chez les Gabier, vit André, frère de Baptiste. André n’a pas été blessé physiquement pendant la guerre, mais il a subi ce qu’on appelait alors « le vent du boulet » (commotion cérébrale résultant d'un mouvement d’air déplacé, propulsant les hommes aux sols et donc ayant un effet sur le cerveau même), ou une grande frayeur capable de provoquer des troubles mentaux.

Extrait : « Lorsqu’elle s’était mariée avec Baptiste Gabier, Louise n’avait pas eu le choix, et avait dû tout assumer : l’exploitation agricole, la vieillesse de ses parents, et son beau-frère André, rentré de la guerre, traumatisé par l’horreur des tranchées. Elle avait accepté d’endosser ce fardeau sans même mesurer le courage et l’abnégation que cela exigerait. Aujourd’hui, malgré ses quarante-cinq ans, André était toujours collé aux basques de Louise, comme un boulet au bout d’une chaîne. »

Ainsi, ce personnage apparaît aux lecteurs comme lourdement handicapé. Pourtant, il aura toute sa place dans le dénouement de l’histoire !

À travers ces personnages, j’ai voulu exposer les dégâts physiques et psychologiques causés par la guerre, chez ceux qui l'ont vécue, mais aussi plus largement dans l'intimité des familles.


Dommage collatéral : Joséphine, la veuve recluse, mais j’en ai déjà parlé dans un autre post…

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