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Des fiançailles à la veille d'une guerre

Mis à jour : 20 déc. 2019


Fin septembre 1938, les accords de Munich avaient fait s’entendre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini. Cet accord avait écarté le péril d’une guerre qui planait sur l’Europe. Une enquête de l'Ifop montre qu’en France, seulement 57 % de la population approuvaient cet accord. L’enquête expliquait par ailleurs que « la France éprouvait encore un sentiment d’horreur à l’égard d’une guerre possible ». 73 % pensaient qu’un nouveau conflit entraînerait la destruction de la civilisation. 78 % des Français estimaient que l'entente de la France et de l'Angleterre pouvait seule maintenir la paix en Europe...

Jusqu’en mars 1939, une accalmie dans les relations internationales a provoqué un certain optimisme des esprits. 57 % pensaient que la guerre n’aurait pas lieu, et 21 % s’abstenaient de répondre.

Enfin, en juin-juillet 1939, une majorité de Français pensaient que le pays n'échapperait pas à la guerre, mais les habitants des campagnes sont ceux qui y croyaient le moins, surtout les plus âgés.

À Paleysin cet été 1939, Colette et Jean fêtent leurs fiançailles. Les familles se réjouissent de cet engagement officiel qui les mènerait vers un mariage.


Extrait :

« Alors… pour quelle date fixera-t-on ce mariage ? demanda enfin Victorine, pleine d’entrain.

− À l’automne, cela me semblerait bien, juste après les vendanges, et avant les grands froids. Qu’en pensez-vous ? proposa Louise.

− Ce que j’en pense, ma chère Louise, c’est que je ne sais pas où se trouvera Jean à ce moment-là, voyez-vous », annonça Honoré.

Ses mots claquèrent dans l’air comme une déflagration. Tous se tournèrent vers lui. « Eh bien, ne me regardez pas comme si j’étais nu ! Ne nous voilons pas la face ! En ce moment, les manœuvres diplomatiques, il n’y a que ça dans le journal. Jean… pourrait bien… partir à la guerre…

− Tu le crois vraiment ? s’inquiéta Baptiste.

− Il n’y a plus de doute là-dessus. Daladier a beau multiplier les démarches, après l’Autriche et les accords de Munich, Hitler est à nos portes. Regardez le fils de Ferdinand, il devrait être rentré du régiment.

− Alors, Jean devra y aller ?

− Jean, et peut-être même ses frères. »

Un silence oppressant s’invita à table. La confusion noya les esprits déjà troublés par l’alcool. On n’entendit plus que le bruit de la fontaine gargouillant au-dehors.

« Mais, enfin, ce n’est pas possible ! explosa Louise. Il y a deux ans qu’il a fêté la quille !

− Louise, si la France entre en guerre, nous devrons tous partir. »





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