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La cigarette, incontournable dans L’Ombre de Mathilde



Michel, protagoniste de L’Ombre de Mathilde fume des Gitanes. Annie, une amie, fume des blondes. Leur famille, leurs amis fument également...

Dans les scénarios actuels, on éviterait cette surabondance de fumeurs, mais dans les années 1970, c’est ainsi que l’on vivait : la clope au bec !


Oui, à l’image de Michel, les hommes fumaient beaucoup. En 1976, époque à laquelle se déroule L’ombre de Mathilde, 60 % des Français entre 18 et 75 ans fument (35 % en 2018) ! Les hommes qui n’avaient pas encore fait le pas à la veille de leur service militaire devenaient fumeurs au cours de leur service. Dans les années soixante, et jusqu'en 1975, les appelés du contingent percevaient huit paquets de cigarettes, dites « de Troupes » par quinzaine.

Tout comme les hommes, les femmes fumaient beaucoup aussi (30 %). La grande Colette avait fumé le cigare. Les femmes fument davantage pour montrer leur émancipation, mais certaines adoptent la cigarette pour la sensualité qui se dégage du geste.


Nos parents fumaient devant la télévision, sans se soucier de nous, leurs enfants, assis à proximité. J’en ai le parfait souvenir. Au cours des repas de famille, les adultes attendaient rarement le dessert pour sortir leur paquet de cigarettes et fumer entre deux plats. Dans les salles à manger, les cuisines, dans les salles de restaurants, un nuage se formait et l’on ne pensait pas forcément à aérer ! Et que dire de la cigarette dans la voiture ou dans le train !

Nos vêtements sentaient le tabac en permanence ! Nous respirions cette odeur âcre, chargée de goudron qui finissait même par ternir et noircir les murs !


Il faut dire que les publicités abondaient (nous vivions les grandes heures du lobbying des cigarettiers), que les acteurs nous apparaissaient, clope au bec. Les vedettes de l’époque comme Jean-Paul Belmondo, Yves Montand, Alain Delon, Mireille d’Arc ou Romy Schneider… jouaient, la bouche et le visage floutés par la fumée. Les femmes fumaient gantées : la grande classe ! Le porte-cigarette d’Alice Sapritch a contribué à son succès. Le monde de la musique n’était pas en reste. On se souvient de Brel, bien sûr, de Georges Bassens aussi qui posait avec sa pipe. Et comment oublier Gainsbourg chantant, cigarette à la bouche et verre à la main ?

Nous trouvions des cendriers partout : dans chaque pièce de la maison, dans la voiture (toutes pourvues d’un allume-cigare), dans les lieux publics (les bars, les quais de gare…). À poser sur la table ou sur pied, ils faisaient partie de notre décor.


Pourtant, les méfaits du tabagisme étaient déjà connus. On parlait du risque de cancer. C’est précisément en 1976, à l’époque où j’ai placé mon histoire, qu’Antenne 2 alerte sur la consommation de cigarette par les adolescents. La loi Veil qui interdit la publicité pour le tabac vient d’être votée.

Il faudra attendre 2007 pour que le tabac soit totalement prohibé dans les lieux publics.


L’Ombre de Mathilde se déroule en 1976, il était donc impossible que mes personnages ne fument pas !

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